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À Dreux, Tarik Saleh partage sa vision d’un cinéma sincère

23 Mars 2026
Cinéma

Invité du festival Regards d’Ailleurs, le réalisateur suédo-égyptien Tarik Saleh est venu à la rencontre du public drouais. Entre masterclass et projections, il a défendu un cinéma sincère, intime et guidé avant tout par la force des histoires.

Désireux de venir « présenter son travail », Tarik Saleh a répondu à l’invitation du festival Regards d’Ailleurs. Présent dès le vendredi 13 mars, il a animé une masterclass à l’auditorium du lycée Rotrou avant de prolonger sa venue tout le week-end à Dreux. Rencontre avec cette nouvelle figure majeure du cinéma contemporain.

Qu’aimeriez-vous apporter à notre festival et à notre public ?

Thierry Méranger m’a présenté le festival Regards d’Ailleurs à Cannes. J’ai adoré l’idée d’un événement qui propose des films étrangers aux gens qui ne vivent pas dans les grandes métropoles parce que, quand on réalise un film, on le fait pour le monde entier. Il m’a dit qu’il avait cette mission, et j’ai senti que nous partagions la même vision. J’ai eu envie de venir présenter mon travail, pour voir si cela pouvait intéresser le public.

Qu’est ce qui rend le cinéma suédois unique ?

C’est une question difficile. La Suède est un très petit pays, mais aussi un pays très riche. Nous avons une tradition cinématographique assez importante pour un si petit pays. Bien sûr, nous avons eu le maître Ingmar Bergman, qui a longtemps défini ce qu’était le cinéma suédois. Comme il était connu dans le monde entier, ça a façonné en quelque sorte la perception du cinéma suédois. Mais aujourd’hui, d’autres choses le définissent. Nous sommes désormais un pays d’immigration, assez inclusif et plutôt progressiste. Il y a quelques semaines, j’ai remporté l’équivalent suédois de l’Oscar du meilleur film pour Les Aigles de la République, alors même qu’il est en arabe et se déroule en Égypte. Je pense que c’est un phénomène intéressant et assez unique.

Quand vous commencez un film, commencez-vous par une histoire, par un personnage ou par une idée artistique ?

Je commence par une histoire, pas par un personnage, et souvent par un conflit. Quelque chose arrive, puis j’imagine comment la situation peut s’aggraver. J’adore écrire, créer des histoires : c’est ma principale passion dans le cinéma. J’aime tous les aspects du cinéma, mais ma partie préférée reste l’histoire. Naturellement, mes influences sont des écrivains. Mon rêve est de créer des films avec le même impact qu’un roman. Lorsqu’un roman est bon, on n’a pas envie qu’il se termine. Dans le cinéma, cette sensation est plus rare. J’admire certains auteurs, et ce ne sont pas toujours les écrivains les plus prestigieux. Les artistes qui m’ont le plus influencé sont Kafka, Dostoïevski, mais aussi John Grisham et John le Carré.

Auriez-vous un conseil pour les jeunes qui s’intéressent au cinéma et à la création ?

Mon principal conseil pour les jeunes cinéastes est d’abord de se poser cette question : est-ce que je dois raconter cette histoire ? Si vous n’en ressentez pas la nécessité, alors vous n’avez pas besoin de le faire. Réaliser un film est difficile, mais si vous devez le faire, alors restez fidèle à ce que vous voulez dire. Soyez honnête. Pour moi, plus un film est personnel, mieux c’est. Souvent, les gens bloquent sur la technique, les objectifs, l’image, la musique, et essayent de reproduire ce qu’ils ont vu ailleurs. Alors qu’en fait, il faut voir ça comme si tu racontais une histoire à un ami très proche : quelque chose de passionnant, presque comme un potin. C’est cette approche qui fonctionne lorsqu’on réalise un film.

À la suite de la masterclass, le film Metropia de Tarik Saleh a été projeté au lycée Rotrou. L’occasion pour le public de découvrir Fares Fares, acteur et réalisateur aux origines libano-suédoises. Inséparables à l’écran, les deux amis se sont d’ailleurs retrouvés en terre drouaise le temps de ce weekend, rythmé par des projections au CinéCentre et par la découverte d’une exposition qui leur est consacrée à la concession BMW Berteaux de Vernouillet, visible jusqu’au 8 avril.

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