Après le chœur et ses vitraux, la campagne de restauration des extérieurs de l’église Saint-Pierre durera au moins quatre ans. Un investissement de 4 millions d’euros.
Édifiée du XIIIe au XVIe siècle, l’église Saint-Pierre nécessite une restauration d’envergure, dans la continuité des travaux de rénovation du chœur finalisé en 2022, pour 1 million d’euros. Un diagnostic détaillé, réalisé par le cabinet Martin & Broise Architectes, a analysé en profondeur l’édifice et proposé, avec la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC), un programme de restauration en trois phases. Un chantier de 4 ans et de 4 millions d’euros. « Les travaux concernent l’ensemble de l’église et vont permettre de redonner un coup de jeune à ce bel édifice auquel nous sommes tant attachés », a souligné le maire Pierre-Frédéric Billet, lors de la présentation du projet, vendredi 29 août.
La première phase de travaux, qui s’étalera sur 11 mois, permettra de réviser l’ensemble des installations électriques de l’édifice pour assurer la sécurité dans les espaces recevant du public et dans les zones techniques. Il est également prévu de mettre hors d’eau la première travée du transept sud en remaniant la couverture de tuiles plates et en installant des renvois d’eau en cuivre sur les pieds de noues pour écarter les flux d’eaux pluviales. « Dans la première travée, un voûtain abîmé par les infiltrations sera également restauré. Nous procéderons à un travail en mosaïque, selon les priorités », précise Régis Martin, architecte en chef des Monuments historiques.
La seconde phase des travaux débutera en janvier 2026 pour une durée de 24 mois. Elle comprendra l’achèvement de la mise hors d’eau de l’église ainsi que la restauration des élévations nord, du transept à la tour. Les couvertures en tuiles plates seront remaillées. La chapelle Sainte-Clothilde fera également l’objet d’interventions spécifiques : l’habillage en plomb sera réalisé selon le principe appliqué en symétrie sud, la charpente sera ponctuellement remplacée, et un enduit sera appliqué sur la voûte. Un travail important sera également réalisé pour achever la façade ouest. La tour nord, sera, elle, entièrement nettoyée, restaurée et complétée. Des abat-sons (ensemble de lames destinées à protéger le
beffroi et à rabattre le son des cloches vers le sol) et du grillage seront aussi installés pour éviter que l’eau ne pénètre par les fenêtres en cas de fortes intempéries. Le profilage du parvis, associé à la mise en place de caniveaux à fente au niveau du seuil, protégera le sol de l’église contre les infiltrations d’eau. Les pierres endommagées seront remplacées en prenant soin de ne pas supprimer les graffitis existants au niveau du soubassement de la façade nord. Le portail, situé côté transept nord et datant du début XIIIe, sera restauré en préservant les vestiges des couleurs d’origine qui ornaient autrefois ses surfaces. Les ouvriers vont aussi travailler sur les façades de la rue Saint-Pierre. « La pierre sera restaurée et les joints repris. Certains vitraux endommagés seront aussi restaurés, complétés et protégés », complète Régis Martin. Un dispositif de protection contre les pigeons est aussi prévu. Les trous et ouvertures par lesquels ils peuvent entrer seront bouchés pour éviter qu’ils ne puissent pénétrer à l’intérieur de l’église.
La dernière phase des travaux qui devrait commencer en janvier 2028, concernera essentiellement la restauration des élévations de la tour sud, actuellement protégée par un filet destiné à prévenir la chute de fragments sur la voie publique. Les glacis en mortier fissurés situés sur les arases des murs seront démolis et remplacés par des habillages en plomb. Les élévations seront nettoyées, les joints refaits, et les pierres endommagées remplacées. Les dais piédestaux et statues seront restaurés selon les méthodes déjà appliquées lors de la phase précédente. Sous la toiture de la tour Sainte-Anne, les débris de plâtres seront évacués. La charpente ainsi que le bac acier seront déposés pour surélever la couverture existante et améliorer l’accès aux combles. Des portes seront aménagées dans les ouvertures, et les protections grillagées des baies seront restaurées ou remplacées. Une réflexion est aussi en cours afin de lancer une consultation pour envisager la pose future d’une couverture sur cette tour inachevée. « Il faudrait le suggérer et trouver une solution qui soit à la fois contemporaine, élégante et compatible avec l’édifice », rappelle Régis Martin.
Bon à savoir. La Maison des Projets, située au rez-de-chaussée du beffroi, accueille des panneaux d’information sur les travaux de rénovation de l’église Saint-Pierre. Accessible le mercredi de 14h à 18h, ainsi que le vendredis et samedi de 10h à 14h.
Montan global de l’opération : 3 969 328.34€ TTC (subventions Drac et Conseil départemental d’Eure-et-Loir à l’étude)
> 1421 : Siège et bombardement de Dreux par le roi d’Angleterre Henri V.
> XVe : Reconstruction de l’église suite à la guerre de Cent Ans. Ajout des 6 chapelles du déambulatoire et des collatéraux.
> 1516 : Construction des 2 travées Ouest de la nef et des tours Ouest par Jean des Moulins avec la collaboration de l’architecte drouais Clément 1er Métezeau.
> Fin XVIe : Jean Métezeau achève le dernier niveau de la tour Nord-Ouest « Saint-Vincent ». La tour Sud « Sainte-Anne » reste inachevée.
> Après 1576 : Construction de la sacristie et le bras Sud transept par Jean Métezeau.
> 1614 : Réalisation du buffet d’orgue par le menuisier drouais Toussaint Fortier.
> 1794 : Il n’y a plus de culte dans l’église. Destruction du mobilier et des statues. L’église devient le Temple de la Raison et une fabrique de salpêtre.
> 1802 : Église rendue au culte.
> 1840 : Classement au titre des Monuments historiques.