Fidèle à la tradition du 14 Juillet, la Ville de Dreux a une nouvelle fois mis à l’honneur ses Talents drouais. L’édition 2025 distingue huit parcours inspirants qui ont contribué, chacun à leur manière, au dynamisme et à la richesse de la vie locale.
Dominique et Annie Rioux
Et Steven Lefrançois
Chaque année, le trio à la tête du Rallycross de Dreux entraîne dans son sillage près de 150 bénévoles, 18.000 spectateurs… et, surtout, le souvenir de Philippe Chanoine. Si tant de bénévoles répondent présents, c’est par passion du sport automobile, mais aussi par fidélité envers Dominique et Annie Rioux. Infatigables, ils s’investissent depuis plus de 40 ans, par tous les temps. Dominique, notamment, est l’un des fondateurs de l’ASA Beauce, créée en 1983. Aujourd’hui, c’est Steven Lefrançois — ancien champion de France de division 4 en 2015 et patron de Translocauto — qui a pris le relais en tant que président de l’Écurie du Thymerais. Il perpétue l’héritage de Philippe Chanoine, dans une parfaite complicité avec Annie et Dominique. Dès 2017, première année de ce nouveau trio, ils marquaient les esprits avec l’introduction d’une manche nocturne, une première en Europe. Depuis, la nocturne s’est imposée et revient tous les deux ans. À chaque édition, c’est un triple défi à relever : offrir un spectacle de qualité au public, fédérer des bénévoles et garantir la sécurité de plus de 140 pilotes. Fidèles à l’esprit solidaire du monde du rallye, Dominique, Annie et Steven participent aussi à d’autres épreuves françaises en apportant leur aide sur les circuits. Cette passion, parfois exigeante pour leurs proches, est devenue une aventure familiale : Dominique et Annie ont initié leur petit-fils Flavien, tandis que Steven a recruté sa fille Mélanie, elle aussi mordue de rallye.
Johanny Dutertre
1941 voit naître deux légendes : la mythique Jeep Willys et Johanny Dutertre, figure incontournable du patrimoine local. Créateur en 1975 du Rétro Mobile Club Drouais, il fonde aussi le musée éponyme, installé dans les anciens abattoirs de Dreux ouverts en 1902. Aujourd’hui président d’honneur, il a confié le volant de la présidence à Monique Massot en février dernier, mais le co-pilote n’est jamais loin lorsque l’on a besoin de lui. Grâce à son engagement, Dreux va obtenir en septembre le label “Ville d’accueil des véhicules d’époque”, décerné par la Fédération française des véhicules d’époque. Un hommage à l’histoire locale — de Facel Vega au musée — et à celui qui a su faire vivre cette passion.
Antiquaire de métier, Johanny est aussi un passionné de patrimoine sous toutes ses formes. Il fonde en 1978 l’association Dreux Arts Loisirs, qui réunit peintres, sculpteurs et poètes de la scène culturelle locale. Il est enfin le plus ancien secouriste de la Croix-Rouge en Eure-et-Loir et sans doute dans la région : il exerce depuis 65 ans ! Il a même créé le secours aquatique lorsqu’il y avait des courses de voiliers sur le plan d’eau d’Écluzelles.
Hervé Bourgeois
Arrivé à Dreux il y a plus de vingt ans, Hervé Bourgeois, 61 ans, dirige aujourd’hui les agences du Crédit Mutuel de Dreux, Vernouillet et Saint-Lubin-des-Joncherets, avec une équipe de plus de 30 collaborateurs au service de 20.000 clients. Avant cela, il avait déjà trois directions d’agence à son actif. « Quand j’ai demandé à venir à Dreux, je n’y avais mis les pieds que deux ou trois fois. Et puis la Ville m’a adopté, et je l’ai adoptée », confie-t-il.
Attaché au tissu local, il soutient activement l’économie du territoire, notamment les entreprises, commerces et exploitations agricoles, qui représentent 20 % de sa clientèle. « C’est essentiel pour Dreux, car il n’y a pas de création ou de développement sans financement », rappelle-t-il.
Impliqué dans cette volonté de soutenir l’économie locale, Hervé Bourgeois l’est aussi pour les associations locales via le sponsoring comme le rugby, le football, l’athlétisme, Fenêtre sur films ou encore les concerts de l’abbatiale.
Michel André
Né en 1964 à Dreux, Michel André vient d’une famille bien ancrée localement : ses grands-parents tenaient un café face à la chapelle royale, et son grand-père était champion de billard du club de Dreux. Élève au collège puis lycée Rotrou, il obtient un bac F6 (chimie).
Chimiste de 1987 à 1990 en Eure-et-Loir, il se tourne ensuite vers l’enseignement. Il devient professeur de chimie au lycée Rotrou puis titulaire du CAPES de sciences physiques à Branly, où il enseigne cinq ans. Après plusieurs postes hors secteur, il revient à Dreux en 2006 comme principal du collège Marcel-Pagnol.
Nommé principal du collège Martial-Taugourdeau en 2017, il renouvelle le lien avec la ville à travers le devoir de mémoire : expositions, discours d’élèves pour le 11 novembre, et actions avec des associations sur les événements en Algérie.
Place ensuite à l’écologie avec notamment la création d’une mare pédagogique. « Sans la Ville de Dreux, la fresque des 30 ans du collège et l’espace biodiversité n’auraient pas vu le jour ». Aujourd’hui en partance pour le Loiret, Michel André se considère « au service de la communauté, comme ma sœur Édith Cauchon, ancienne directrice d’école en REP à Dreux ».
Docteur Benoist Janvier
Médecin spécialisé en médecine et biologie du sport, et membre du Conseil de l’Ordre, le docteur Benoist Janvier s’est installé à Dreux le 1er octobre 1985, à sa sortie de fac de médecine. Il est à l’origine de la création du cabinet des Bâtes, créé en 1991 avec deux confrères, puis de la maison de santé pluridisciplinaire, fondée la même année. Officiellement retraité depuis mars 2022, le docteur Janvier a toutefois joué les prolongations à mi-temps jusqu’en janvier 2025 : « Alors que je faisais 60 heures de travail par semaine, j’aspire à un atterrissage en douceur. On exerce un métier de contacts. » Au fil de sa carrière, il a soigné quatre générations de patients et tient à la notion de « médecin de famille ».
Passionné de kitesurf et amoureux du Brésil, il possède une maison au bord de l’océan, où il est parti dès le lendemain de son pot de départ. C’est là qu’il entend désormais profiter pleinement de ses proches, notamment de ses trois enfants, dont l’un de ses fils est lui-même médecin généraliste à Nantes.
Khalid Tisla
Né à Casablanca, Khalid reçoit de son père peintre son âme d’artiste et son premier harmonica à 3 ans. Après un BTS en automatisme, son père l’encourage : « Prends ta guitare et pars, tu trouveras un endroit où tu seras heureux ». Membre du groupe marocain MESNAWA, il découvre la France lors d’une tournée en 1994. Touché par le sauvetage d’un pigeon blessé, il décide de s’installer dans ce pays « qui protège les plus fragiles ». Il rencontre Karima, une Drouaise, et s’installe à Dreux en 1998, où ils élèveront leurs deux enfants.
Très actif, il anime des ateliers de musique dans les écoles, et participe aux événements de la vie locale (fêtes de quartier, Maisons Proximum…). Multi-instrumentiste, il joue tous les styles. Amoureux de la nature, il donne même des concerts pour les arbres et les oiseaux à Écluzelles.
Président de l’association Les Amis du Sahara, Khalid fait rayonner Dreux. Ses vidéos avec des enfants au Salon du Maroc ont fait le buzz et lui ont valu une invitation d’honneur au Festival du cinéma de Dakhla, au Maroc. « Je suis très fier d’avoir emmené Dreux avec moi. Dreux est mon ange gardien. »