Après la chaleur tropicale du Brésil, Regards d’Ailleurs s’aventure vers les clartés nordiques de l’Europe. Destination : la Suède, où le festival poursuit son exploration du monde du 11 mars au 8 avril 2026.
C’est une transition radicale, autant géographique que culturelle, qui ouvre une nouvelle séquence pour cette 23e édition de Regards d’Ailleurs. « Après plusieurs années loin du continent européen, ce retour nous fait le plus grand bien. Après le Danemark en 2018, nous allons rendre hommage à la Suède, une grande nation de cinéma qui fera rêver tous les publics et révélera les liens incroyables entre nos cultures », se réjouit Thierry Méranger, délégué général et artistique du festival et président de l’association Fenêtre sur Films, maîtresse d’œuvre de cet événement avec sa « belle équipe de bénévoles et de salariés sans qui rien ne serait possible ». Quelques jours avant son ouverture à Dreux, le festival a d’ailleurs été pré-lancé à l’Ambassade de Suède à Paris. Une première dans son histoire, qui marque une nouvelle étape dans son rayonnement et sa reconnaissance institutionnelle.
De l’ombre tutélaire d’Ingmar Bergman, figure majeure du patrimoine mondial, à la modernité politique et nerveuse d’un Tarik Saleh, l’édition entend montrer comment un pays continue de se raconter à travers ses images. Entre héritage et création contemporaine, le festival fera dialoguer les époques et les regards. Bo Widerberg, cinéaste engagé longtemps resté dans l’ombre de Bergman, sera ainsi remis en lumière. Les icônes Ingrid Bergman et Greta Garbo seront bien entendu célébrées, tandis que Mai Zetterling, figure audacieuse des années 1960, retrouvera la place qui lui revient dans l’histoire du cinéma européen. Les réalisatrices contemporaines, telles que Sanna Lenken ou Rojda Sekersöz, incarneront, elles, la vitalité d’un cinéma en constante évolution. Mais cette traversée ne se limite pas à une succession de projections. Le ciné-concert La Charrette fantôme, œuvre emblématique du muet suédois, constituera l’un des temps forts de l’édition. Intégré à la fois à la saison du Théâtre de Dreux et à celle du festival, il symbolise un rapprochement avec cet équipement municipal. « C’est un vrai bouleversement dans nos ADN respectifs », confie Thierry Méranger, qui voit dans cette transversalité un modèle à prolonger.
Explorer la Suède, c’est aussi célébrer sa littérature « qui traverse les générations et nourrit un imaginaire collectif très fort ». Deux autrices majeures seront particulièrement mises à l’honneur : Selma Lagerlöf, première femme à recevoir le prix Nobel de littérature pour l’ensemble de son œuvre, dont Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson ; et Astrid Lindgren, créatrice de Fifi Brindacier, figure pionnière dans la défense des droits des femmes et des enfants. Une exposition leur sera consacrée à la médiathèque L’Odyssée, avec un prolongement dans les parcours scolaires. Lectures de contes à la bibliothèque Jacques-Brel de Vernouillet, à la médiathèque et à La Rose des Vents, ainsi qu’une séance théâtralisée au centre équestre des Vieilles Ventes à Sorel-Moussel, viendront enrichir cette édition élargie.
Dans cette même dynamique, Regards d’Ailleurs inaugure un nouveau format : un Work in progress ouvert au public. La réalisatrice Erika Haglund, également intervenante au lycée Rotrou, présentera, aux côtés du plasticien Jean-Baptiste Peltier, leur film d’animation peinte consacré à Selma Lagerlöf. Une autre manière de montrer que le cinéma n’est pas seulement un patrimoine à célébrer, mais bien un art vivant. Cette vitalité artistique se déploiera également à la chapelle de l’Hôtel-Dieu, où une exposition mettra à l’honneur un autre emblème culturel suédois : le groupe ABBA. Plusieurs costumes de scène y seront présentés, rappelant que l’imaginaire d’un pays se construit autant par ses récits que par sa musique et ses figures populaires.
Au-delà de la programmation artistique, Regards d’Ailleurs réaffirme ce qui constitue son socle depuis plus de vingt ans : l’éducation à l’image. « Développer un esprit critique, accompagner les élèves dès la maternelle et parfois jusqu’au lycée : il s’agit d’un véritable suivi tout au long de la scolarité. L’Inspection académique se montre d’ailleurs très réceptive à cette démarche, avec la perspective d’une convention avec l’Éducation nationale », souligne Saïma Bhatti, chargée de la programmation jeune public au Théâtre de Dreux et coordinatrice du festival.
L’objectif ? Renforcer encore l’incitation auprès des enseignants afin d’ancrer durablement cette éducation à l’image dans les parcours scolaires. « Il s’agit de travailler sur des notions, des valeurs, à travers des parcours thématiques comme celui consacré aux discriminations. Quel que soit le pays exploré, il y a matière à nourrir une éducation par le cinéma et au cinéma. La transmission nous anime toujours », ajoute Thierry Méranger. Projections sur plusieurs semaines, concours artistiques, journées immersives : le festival investit également de nouvelles écoles du département comme à Senonches et Brezolles, et renforce encore sa présence au-delà de Dreux.
De la maternelle au lycée, jusqu’aux séances organisées en Ehpad, le festival revendique ainsi un ancrage intergénérationnel et fédérateur autour « d’espaces de parole qui sont plus que jamais nécessaires ».
Nouvelle étape dans le développement du festival : Regards d’Ailleurs rejoint pour la première fois le dispositif régional “Émergence”, dédié à l’accompagnement des jeunes cinéastes. Les huit films finalistes seront présentés au public, dont quatre lauréats bénéficieront d’une bourse et d’un soutien professionnel. « À terme, une continuité pourrait se dessiner entre notre prix Regards d’Or et ce dispositif. Une chaîne vertueuse qui renforcerait notre ancrage régional, voire national », souligne Thierry Méranger. Parmi les lauréats 2025 figure d’ailleurs une ancienne élève du lycée Rotrou, déjà distinguée par le public du festival.
Ce dialogue entre le festival et le lycée Rotrou prend également une dimension européenne en 2026. En janvier, une délégation de l’école artistique Kulturama de Stockholm a été accueillie par l’association Fenêtre sur Films. Les enseignants suédois reviendront pendant le festival, accompagnés d’étudiants en cinéma, dans le cadre d’un échange ÉRASMUS avec Rotrou. « Pour Thierry Méranger, également enseignant de l’option cinéma, « ce partenariat inédit donnera lieu à de véritables échanges culturels ».
# La soirée d’ouverture du mercredi 11 mars
18h. Chapelle de l’Hôtel-Dieu
Inauguration de l’exposition BLUE SUEDE SONGS (11 mars au 8 avril).
19h30. CinéCentre
Ouverture publique du festival avec la projection du film multiprimé 7 steg d’Andreas Öhman. La séance sera suivie d’un cocktail offert par l’association Fenêtre sur films.
# Tarik Saleh et son acteur phare, Fares Fares
Tarik Saleh, réalisateur primé dans le monde entier et reconnu pour sa Trilogie du Caire (Le Caire Confidentiel, La Conspiration du Caire, Les Aigles de la République) et son acteur fétiche Fares Fares, également réalisateur, seront tous deux présents lors du festival. Une exposition leur sera consacrée à la concession BMW Berteaux de Vernouillet.
# Selma et Astrid : exposition et Work In Progress
Hommage à deux femmes de lettres suédoises au parcours exemplaire, Selma Lagerlöf et Astrid Lindgren, autrices de Nils Holgersson et de Fifi Brindacier. Outre les adaptations de leurs œuvres, une exposition leur sera consacrée (Médiathèque L’Odyssée) ainsi qu’une session inédite de Work In Progress : la cinéaste Erika Haglund et le plasticien Jean-Baptiste Peltier viendront présenter le travail en cours sur leur film d’animation Selma de Morbacka.
# Le cycle Bo Widerberg
Autour du grand réalisateur suédois (1930-1997), figure majeure du cinéma européen aujourd’hui redécouverte, une exposition (Bibilothèque Jacques Brel), un documentaire et une rencontre autour de son œuvre accompagneront la projection de 3 films de fiction (dont Un flic sur le toit et L’Homme de Majorque).
# La Suède au féminin pluriel
Focus sur la présence des femmes dans le cinéma suédois. Rencontres (sous réserves) avec la jeune génération de réalisatrices (Sanna Lenken, Rojda Sekerköz, Maria Eriksson-Hecht…) et mini-rétrospective Mai Zetterling.
# Le focus pop : Abba and 6 Drummers
Autour des films musicaux Sound of Noise et Music for one appartment and six drummers de Simonsson & Stjärne, plusieurs hommages seront rendus au groupe Abba (musique live avec Sidney Rodrigues et exposition à la Chapelle de l’Hôtel-Dieu).
# Les cinéconcerts
2 cinéconcerts seront donnés dans le cadre du festival cette année ! La Sorcellerie à travers les âges réalisé par Benjamin Christensen, en 1922, accompagné au piano par une création de Grégoire Baumberger, pianiste virtuose, sera donné à l’Odyssée le 3 avril. La Charrette Fantôme de Victor Sjöström, accompagné par les ondes Martenot de Christine Ott, sera montré au Théâtre de Dreux le 21 mars.
# Les figures cultes du cinéma suédois : Ingmar Bergman, Ingrid Bergman et Greta Garbo.
Trois figures emblématiques du 7e art sont d’origine suédoise. Le festival sera l’occasion de revenir sur la carrière de deux actrices-cultes qui ont triomphé à Hollywood mais aussi de rendre hommage à l’un des plus grands cinéastes de tous les temps. À travers Persona (choisi pour notre visuel) ou Sonate d’automne, Regards d’ailleurs saluera la modernité de l’immense Ingmar Bergman.
S’ajouteront de nombreux temps forts bien connus des habitués de R.A. comme les Q&A, la nuit de l’étrange (28 mars), le repas suédois, les concerts live, les goodies du festival à collectionner…
> 20.000 entrées de cinéma
> 5.000 visites d’expositions
> 150 séances scolaires
> 43 longs-métrages tout public
> 22 pays visités depuis sa création en 2003
> 40 bénévoles
> 19 lieux de projections à Dreux et au-delà
> 40 bénévoles
> 8 partenaires
> 3 missions de service civique
> 2 salariées
Regards d’Ailleurs est le plus long festival dédié au 7e art de France. Porté par l’association Fenêtre sur Films (338 adhérents), il s’appuie sur un partenariat solide réunissant la Ville de Dreux, l’Agglo du Pays de Dreux, le lycée Rotrou, l’agence régionale Ciclic et le Ciné Centre, avec le soutien du Conseil départemental d’Eure-et-Loir, de la DRAC Centre-Val de Loire et du CNC à l’échelle nationale. Une dynamique collective rare, construite et consolidée depuis plus de vingt ans !