Après six mois de restauration, le tableau La Fuite en Égypte a retrouvé sa place dans l’église Saint-Pierre. Cette intervention a permis de redonner tout son éclat à l’œuvre, mais aussi de révéler des informations inédites.
L’émotion était palpable au moment du réaccrochage de La Fuite en Égypte dans la chapelle Sainte-Ève de l’église Saint-Pierre. Cette œuvre du XVIIIe siècle a bénéficié d’une restauration menée dans le cadre du deuxième Programme pluriannuel d’investissements (PPI) de la Ville de Dreux, comme le rappelle Martine Pitou, adjointe déléguée à la Culture et au Patrimoine : « Un budget d’environ 4 000 euros a été consacré à cette opération, soutenue par la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) ». Un soutien financier précieux pour préserver les nombreux trésors conservés dans l’édifice drouais, « dont ce tableau classé au titre des Monuments historiques », souligne Charles Jobert, vice-président de l’association Les Amis de l’église Saint-Pierre.
Menée par Quentin Arguillère, la restauration peinture a consisté à nettoyer et décrasser la toile ainsi que la couche picturale. Le vernis, devenu très jauni et oxydé au fil du temps, a également été allégé. « Il cachait à la fois la palette des couleurs, qui est vraiment très belle, et aussi certains détails. Parmi eux, on a pu révéler la date exacte, 1708, et la signature de l’artiste qui s’appelle Lesueur. Ces informations étaient jusqu’alors inconnues et nous permettent aujourd’hui de mieux connaître l’œuvre », explique Élodie Riby, chargée de la gestion des collections au musée d’Art et d’Histoire de la Ville de Dreux.
Ces découvertes ouvrent désormais de nouvelles perspectives de recherche. L’équipe du musée va pouvoir approfondir l’identification de cet artiste et mieux documenter le contexte historique dans lequel l’œuvre a été réalisée. Le cadre a lui aussi bénéficié d’une intervention opérée par Maxime Seigneury, qui a assuré son nettoyage, son ponçage, son traitement de protection fongique, ainsi que sa mise en sécurité avant le réaccrochage.
La restauration a également permis de compenser de légères lacunes grâce à des réintégrations picturales et d’atténuer un réseau de craquelures afin d’améliorer la lisibilité de la scène. Le dégagement des couches encrassées permet aujourd’hui d’apprécier pleinement les qualités artistiques de cette œuvre remarquable. « Par son dessin, son iconographie, son paysage idéalisé et la présence de ruines antiques, elle se rattache au courant classique de son époque. Sa palette colorée évoque davantage l’esthétique baroque », détaille Élodie Riby. Charles Jobert rappelle également la portée symbolique du tableau : « Il illustre un épisode tiré d’un évangile apocryphe dans lequel deux anges avertissent Joseph du danger qui menace l’Enfant Jésus. Sa naissance provoque la réaction d’Hérode, qui fait massacrer les nouveau-nés. Avec Marie et Jésus, Joseph s’apprête alors à prendre le chemin de l’exil vers l’Égypte ».
Pour en savoir plus. À l’occasion des Journées européennes du patrimoine (JEP) qui se dérouleront le samedi 19 septembre, Quentin Arguillère présentera au public la restauration peinture de La Fuite en Égypte, à 16h30 à l’église Saint-Pierre.