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Des propositions de soutien aux élus après les violences

11 Juill 2023
Actualités

À la suite des violences urbaines de ces dernières semaines, dont les premières estimations font état d’un coût de l’ordre de 650 millions d’euros, Pierre-Frédéric Billet a été reçu ce mardi 11 juillet au cabinet de Dominique Faure, ministre chargée des Collectivités territoriales, après les échanges avec Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur. Il a présenté des propositions destinées à améliorer la protection d’élus locaux de plus en plus malmenés dans le cadre de leurs fonctions.

Les maires se sont souvent retrouvés en première ligne lors de ces déchainements de violences qui ont duré plusieurs jours. Nombre d’entre eux ont été victimes de graves menaces et le maire de Dreux s’est déplacé jusqu’au ministère pour faire des propositions afin de défendre les intérêts d’élus de plus en plus fréquemment menacés. En lien avec David Lisnard, maire de Cannes et président de l’Association des maires de France, Pierre-Frédéric Billet a fait des propositions destinées à soutenir des élus qui se sentent souvent bien seuls face à l’adversité. « Nous avons en Eure-et-Loir un élu référent pour les violences contre les élus, en l’occurrence moi, mais au niveau national, il y en a peu dans les départements.»

Soutenir les élus

Pierre-Frédéric Billet souhaite donc que tous les départements soient dotés d’un élu chargé de recenser toutes les violences commises contre les élus. Il serait l’interface entre le préfet et le procureur. La mission de cet élu serait d’apporter un soutien direct et concret à l’élu qui serait violenté, un soutien humain. « On demande qu’il y ait une rencontre biannuelle entre le président de l’association des maires, l’élu réfèrent, le préfet pour que l’on fasse le point sur la réalité des chiffres. On veut inciter les élus à déposer plainte : 37% des élus victimes de violences déposent plainte. Cela permettra surtout qu’au niveau national on puisse avoir des chiffres consolidés. Nous n’avons pas les mêmes chiffres entre le ministère de l’Intérieur et l’Association des maires de France. C’est un vrai problème pour suivre ce phénomène. »

Un risque de crise des vocations ?

Pierre-Frédéric Billet a également proposé la création d’un « référent national qui serait l’interface entre le ministère de l’Intérieur et le ministère de la Justice pour avoir un suivi très précis de ce phénomène et des poursuite judiciaires ». Avec l’augmentation exponentielle des violences contre les élus, le maire de Dreux craint que l’ambiance actuelle ne décourage les vocations des élus potentiels à l’horizon 2026. « Je dis attention ! En 2026, il y aura le renouvellement des conseils municipaux et si on ne fait rien, on aura un problème sur les bras qui va coûter cher à l’État. On sait déjà que 30% des maires ne se représenteront pas. 20% des maires hésitent. On peut arriver à ce que 40% des maires ne se représentent pas, si on fait la moyenne. Si on ne soutient pas les maires, nous aurons des centaines de communes sans maire ni adjoints. C’est un problème démocratique, mais aussi budgétaire et financier. Qui fait tourner les services publics dans ces communes ? Les maires et les adjoints, et ça ne coute pas très cher à l’État. Il faudra nommer des administrateurs, rémunérés pour cela, l’État enverra des fonctionnaires et cela coûtera beaucoup plus cher. » Pierre-Frédéric Billet craint que nombre d’élus ne jettent l’éponge par manque de soutien. « Si vous êtes victime de violence et qu’il n’y a personne pour vous dire « on est là avec toi », c’est ce qu’il y a de pire. C’est extrêmement important. »

Les dernières données fournies par l’Association des maires de France sont alarmantes : « Sur les 512.000 élus locaux, on enregistre entre 25.000 et 30.000 démissions d’élus depuis trois ans, dont 1.400 maires. Il est temps d’agir et que le gouvernement prenne ce phénomène à bras le corps. Je n’oublie pas non plus les familles d’élus qui ont été longtemps oubliées. On veut s’organiser pour aider et suivre les élus, sous l’égide du préfet et du procureur. » Entre 2016 et 2022, le nombre d’agressions est passé de 220.000 à 350.000 agressions sur le territoire national. « La société est de plus en plus violente, mais le maire n’a pas toutes les solutions. »

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